Suche auf ITP
ITP Themen
ITP Spezial
Dipl.-Psych. M. Griesemer.
Sammlung aller Arbeiten
weiter
Hinweise zu ITP-arcados
Die Texte auf ITP-arcados stammen von verschiedenen Autoren mit teilweise sehr unterschiedlichen Sichtweisen zum Thema Pädophilie.
ITP-arcados verfolgt keine politischen Ziele. Vielmehr geht es darum mündigen Menschen neben den Mainstreammedien eine unabhängige und objektive Informationsquelle zur Verfügung zu stellen.
Das Copyright und die Verantwortlichkeit für jeden Text bleibt beim jeweiligen Autor.
Spenden
Mit Spenden an ITP-arcados helfen Sie mit die Beratungsstelle und diese Seiten zu finanzieren. Auch kleine Beiträge werden dankbar angenommen.
Par Peter Näf, psychologue diplomé IAP.
Traduit de l'allemand par Florence Villesèche
Remarque: Les réflexions qui suivent sont issues pour une part de mon expérience professionnelle en tant qu'ex-psychologue scolaire, où j'ai régulièrement été confronté au problème de relations sexuelles entre adultes et enfants; et d'autre part de mon expérience en tant que psychologue-consultant pour pédophiles (voir aussi mon article Introduction au témoignage d'un pédophile au sujet des enquêtes policières et des peines à purger).
Important: Les pédophiles dont il est question dans cet article sont ceux qui éprouvent non seulement une attirance sexuelle pour les enfants, mais leur portent également de l'affection et de la tendresse, ces sentiments faisant intrinsèquement partie de leur être.
Il ne s'agit donc pas:
- de sadiques qui utilisent des enfants pour la concrétisation de leurs perversions.
- d'un groupe qui, en l'absence d'un partenaire adulte, et souvent en conséquence de troubles relationnels, va utiliser un enfant comme objet sexuel de substitution (ce qui est souvent le cas pour l'inceste).
Campagne contre l'abus sexuel
Depuis quelques années le thème de l'abus sexuel d'enfants est devenu "à la mode": il ne se passe pas un jour sans que les médias ne révèlent de nouvelles affaires. La question des dégâts psychologiques occasionnés aux enfants et aux parents par de tels articles à sensation n'est jamais posée, alors que la finalité des articles sur le sujet devrait justement être d'éviter toute souffrance aux enfants. Ce qui était certainement la motivation des différentes associations pour la protection de l'enfance qui ont réalisé cette campagne. On peut dire aujourd'hui que l'intention était plutôt bonne, mais le résultat global est pour l'instant assez négatif.
Pour
commencer, les effets positifs de cette campagne
- La révélation publique de cas d'abus, tout ce qu'il y
a de plus réels et sordides, la plupart du temps des cas d'inceste
ou liés à une relation de dépendance dans le domaine
scolaire et éducatif en général. Pour une partie
des personnes concernées, ces révélations ont été
libératrices lorsqu'elles ont été faites avec circonspection.
Généralement ces affaires sont malheureusement diffusées
de la plus brutale des façons par les médias, ce qui est
un véritable bond en arrière.
- La création de nouveaux centres d'accueil et de conseil aux victimes.
- Le tabou a volé en éclats (un tabou est une soupape contenant
des désirs inconscients, refoulés mais largement diffusés
au sein de la société). Lorsque le tabou est brisé,
une réaction défensive violente se développe dans
cette même société. Cela a une terrible conséquence:
la recherche de boucs émissaires, en l'occurence les pédophiles.
Ils sont rendus responsables de tout ce que nous ne pouvons pas accepter
de la réalité (par exemple que la majorité des cas
d'abus sexuel impliquent des membres non-pédophiles de la famille
de la victime). C'est la situation que nous vivons aujourd'hui. J'attends
cependant un effet positif de ce tabou brisé: que des spécialistes
s'inquiètent de cette situation et, qu'ils engagent, dans un souci
d'objectivité, des recherches dans le domaine de la pédophilie.
C'est exactement ce que craignent les extrémistes actifs dans des
soi-disant organisations protectrices de l'enfance (exemple: la campagne
contre les importantes recherches de Rind,
Tromovitch, Bauserman ou encore les études de Rüdiger
Lautmann dans "Le désir
pour l'enfant").
La connaissance du phénomène et en particulier la connaisance
des conséquences de relations à caractère sexuel
avec des enfants est encore infime, et les connaissances déjà
disponibles en la matière ne sont pas exploitées. Ainsi
certains spécialistes préfèrent ressasser de vieux
préjugés plutôt que de s'intéresser sérieusement
aux résultats des nouvelles études ou d'entreprendre eux-mêmes
des recherches. Néanmoins, maintenant que le tabou est brisé,
la recherche scientifique ne pourra plus stagner longtemps.
Quelles
sont alors les conséquences négatives de cette campagne?
- Une image négative de la sexualité est encore une fois
largement diffusée auprès des enfants et des adolescents.
La sexualité est vue comme source de danger et de peur, et associée
avec la criminalité, la police et l'abus. De plus, sexe et amour
sont dissociés. On fait ainsi comprendre à l'enfant la chose
suivante: "Celui qui t'aime s'abstient d'avoir des relations sexuelles
avec toi. Celui qui veut avoir des relations sexuelles avec toi ne t'aime
pas". Si l'enfant assimile ces principes, cela aura de graves répercussions
sur son comportement sexuel à l'âge adulte.
- Le climat étouffant actuel fait que des milliers de relations
à caractère sexuel (pour la Suisse seule), entre adultes
et enfants deviennent encore plus clandestines. Les enfants osent encore
moins qu'auparavant se confier auprès de leurs parents ou d'une
personne en qui ils ont confiance, par peur du scandale et d'une médiatisation
irresponsable.
- Ce à quoi il faut ajouter la multiplication des enquêtes
policières sur la base de pures présomptions ou de comportements
soi-disant suspects. Toute enquête policière est traumatisante
pour l'enfant même si elle est menée avec une approche nuancée;
la plupart du temps elle est plus dommageable que l'acte incriminé
lui-même (ceci devrait aussi faire partie de la législation
concernant la protection des victimes <opferschutz.auchdas1998pa.html>).
Ce n'est pas sans raison qu'aujourd'hui en Suisse, des associations de
protection de l'enfance elles-mêmes conseillent dans la majorité
des cas de ne pas entreprendre de poursuites. Par exemple Castagna (déclaration
dans le Zischtigsclub ('le club du mardi') du 17.05.00 " L'abus à
l'école"), également Mina (association de professionnels
et non-professionnels pour la prévention des abus sexuels dans
le cadre des loisirs) met aujourd'hui l'accent sur le dialogue, la thérapie
et même sur l'intégration de l'auteur de l'acte plutôt
que sur les enquêtes policières (Tages-Anzeiger du 28.08.00
"Vereine schauen noch immer weg" ["Les associations détournent
toujours le regard"]).
- Dans les affaires de divorce, les accusations d'abus d'enfant sont de
plus en plus nombreuses et sont utilisées comme une arme pour assouvir
une vengeance et empêcher le père d'obtenir un droit de visite,
et il est souvent difficile de vérifier la véracité
de ces accusations.
- Les enseignants et éducateurs doivent craindre de plus en plus
d'être l'objet de fausses accusations par des élèves
(souvent d'anciens élèves) qui voudraient se venger ou qui
auraient un complexe lié à l'autorité ( Missbrauch
des sexuellen Missbrauchs- ein Tabuthema [L'abus
de l'abus sexuel- un sujet tabou] ). Dans le contexte actuel, de fausses
accusations peuvent aussi être lucratives (dommages-intérêts).
Autrefois habituels, les dialogues entre enseignant et élève
rebutent aujourd'hui de nombreux enseignants sauf s'ils ont lieu en présence
d'une tierce personne ou si d'autres mesures de sécurité
sont prises. par exemple laisser la porte ouverte. Ceci est très
préjudiciable pour la relation de confiance qui s'établit
normalement entre élèves et éducateurs (les
éducateurs à domicile craignent de perdre une certaine intimité
que présuppose leur travail).
- Le risque à terme est qu'il y ait de moins en moins d'enseignants,
d'entraîneurs sportifs et d'éducateurs de sexe masculin.
Si même les plus motivés d'entre eux doivent vivre constamment
dans la crainte d'éventuels soupçons d'abus, l'exercice
de ces métiers et activités devient moins attractif. Ainsi,
qu'il s'agisse du cercle familial ou de l'école, des clubs sportifs
et autres, l'entourage des garçons est essentiellement féminin.
C'est ainsi que se développent les comportements déviants
que nous connaissons.
- Les parents doutent et n'osent presque plus exprimer de la tendresse
physique avec leurs enfants, prendre un bain avec eux à la maison
(courrier d'un lecteur: "que
dois-je faire face à la curiosité grandissante de mes filles?").
- Le climat actuel crée une distance de plus en plus grande entre
les enfants et le monde des adultes; en dehors de la famille, les enfants
sont pratiquement coupés des adultes. Cela va même jusqu'à
leur apprendre qu'il faut détourner leurs yeux d'un adulte qui
les regarderait. De cette façon on prive les jeunes de l'expérience
des adultes en dehors de la famille; ils n'arrivent pas non plus à
distinguer les dangers liés aux adultes, qu'ils soient virtuels
ou réels. On peut se demander si cet isolement, cette superprotection,
ce manque d'expérience personnelle et de modèles choisis
par l'enfant lui-même ne le rend pas plus réceptif, à
cause de cette inexpérience et de son ennui, aux sirènes
de l'extrémisme et de la drogue.
- Les grands voyageurs n'ignorent pas que c'est chez nous que l'on trouve
les enfants les moins gais et enjoués. Néanmoins nous sommes
persuadés que les traditions d'autres peuples ne sont pas les bonnes,
et nous exigeons que nos principes et notre législation sur la
sexualité entre enfants et adultes soient les leurs. Cette attitude
est parfaitement arrogante.
-Il est prévu que le délai de prescription pour les cas
d'abus sexuel sur enfants devienne, et c'est absurde, trentenaire (le
délai de prescription absolu est de 15 ans après le 18ième
anniversaire de la victime, pour un meurtre il y a prescription après
20 ans!). Si cela advient, le danger de condamner des innocents augmenterait
de façon extrême, ainsi que celui de ne pouvoir confondre
de vrais coupables qui eux bénéficieraient dela prescription,
auquel cas la victime ne pourrait plus obtenir réparation.
- Les psychothérapies, en particulier celles des femmes, n'aboutissent
souvent pas parce que toutes les difficultés rencontrées
à l'âge adulte sont expliquées par un supposé
ou réel abus sexuel dans l'enfance.
- Il ne faut pas omettre de parler du désespoir des personnes qui
se sentent pédophiles. Chez ces personnes, les cas de suicide se
multiplient. Ce sont souvent des pédophiles jeunes, mineurs pour
certains, et qui n'ont pas encore franchi l'étape du contact sexuel.
Ils ne supportent plus le climat qui règne aujourd'hui, et qui
fait d'eux de véritables parias; ils n'ont ainsi pas d'autre solution
que le suicide. Pour Frank Urbaniok, responsable du service Psychiatrie-Psychologie
du canton de Zurich, "les pédophiles servant de boucs émissaires,
d'exutoire des refoulements; ainsi la collectivité peut fermer
les yeux, éluder le problème". Mario Etzensberger,
médecin-chef de la clinique psychiatrique Königsfelden à
Aargau avance même que "les pédosexuels sont les sorcières
de la société actuelle" (Sonntags Zeitung du 27.08.00).
Il veut dire que l'acharnement sur ce groupe s'apparente à une
chasse aux sorcières moyennâgeuse (cf Am Pranger, Weltwoche
du 07.09.00)
Dans les faits, la majorité des abus sexuels sur enfants ont lieu
dans le cercle familial, et sont commis par des non-pédophiles
(c'est une relation de substitution pour des pères ou des membres
de la famille en manque sexuel et qui cherchent une victime facile, ils
n'ont pas pour autant de penchants pédophiles). L'hôpital
pour enfants de Zurich recense un cas d'abus par jour: les victimes ont
pour la plupart entre 1 et 7 ans, et les filles sont deux fois plus nombreuses.
Les auteurs des abus sont souvent les pères ( Tages-Anzeiger du
07.06.00). Le Dr. Ulrich Lips, médecin-chef de l'hôpital
pour enfants constate: "En 1997 nous avions 355 cas d'abus d'enfants,
c'est-à-dire deux fois plus qu'en 1995. 160 de ces cas étaient
des abus sexuels, 80% ayant eu lieu dans le cercle familial"(émission
télévisée 'Arena' ).
Les conséquences de ces abus, presque toutes dues aux abus sexuels
décrits précédemment, et les autres violences physiquement
constatées sont répertoriées et font l'objet de discussions
au sein d'organisations de lutte contre l'abus sexuel. Néanmoins
on en conclut que ce sont des actes pédophiles- une confusion inadmissible.
En constatant tous les effets négatifs de cette campagne sur l'abus,
on peut se demander pourquoi elle n'a pas été arrêtée.
La réponse est très simple: les mouvements et partis de
tout le spectre politique en ont tiré profit pour la propagande
de leur politique.
- Les conservateurs ont ainsi pu dénoncer la dégénérescence
morale rampante.
- La gauche pensait, grâce à cette campagne, pouvoir rendre
à nouveau d'actualité le concept de l'exploitation de l'homme
par l'homme.
- Les féministes ont ainsi pu, grâce à l'image caricaturale
du pédophile, trouver une incarnation de la diabolique violence
masculine, et ceci aux dépens du groupe d'hommes qui peut le moins
se défendre.
- Les protecteurs de l'enfance auto-proclamés ont ainsi pu asseoir
leur légitimité et se faire connaître des médias.
" Un des symptômes de toute hystérie collective est
une convergence d'intérêts qui se porte obsessionnellement
sur un seul groupe social" (Michael Griesemer, membre de l'équipe
de thérapeutes-consultants d'Arcados, qui se présente sur
le site: <../psych.beratung.therapie/selbstdarstellung.mg2000mg.html>).
Quand on interroge les membres de cercles de protection de l'enfance au
sujet des effets de leur campagne sur les pédophiles, on entend
souvent: " Dans notre travail d'information, nous ne pouvions pas
en plus nous occuper des pédophiles".
Et Pourtant, c'est exactement ce qu'il faudrait faire! Cette nouvelle
stratégie pourrait nous aider à sortir avec succès
de la triste situation que nous connaissons actuellement. Je vais tenter
de démontrer plus avant comment on peut de cette façon empêcher
l'abus sexuel à une plus grande échelle, et quand cela s'avèrera
impossible, au moins minimiser le préjudice causé à
l'enfant.
Des condamnations
plus lourdes sont pseudo-préventives et contre-productives
Les
associations de protection de l'enfance croyaient encore récemment
( et croient en partie toujours) qu'une pénalisation accrue et
la multiplication des arrestations étaient les moyens les plus
efficaces pour diminuer les abus.
D'après les déclarations publiques de ces associations,
1 sur 7 des 500000 garçons entre 6 et 16 ans vivant en Suisse serait
victime d'abus, c'est-à-dire plus de 70000 d'entre eux. Je pense
pour ma part que cette estimation est exagérée, car même
s'ils y en avait moitié moins, force est de constater que quelques
arrestations en plus chaque année ne résoudraient pas le
problème. Le fort engouement pour l'Internet ( c'est-à-dire
sur les pages à contenu pédophile ou en rapport avec la
pédophilie) laisse lui aussi deviner l'ampleur du phénomène.
Il nous incombe donc, dans le futur, d'aborder la situation de façon
plus réaliste et de chercher des stratégies plus efficaces
et plus réalisables. Un site web suisse qui informe sur la pédophilie
(http://www.itp-arcados .net/), même sans images et qui touche plutôt
une élite intellectuelle parmi les pédophiles, est visitée
par 6000 internautes chaque mois.
- En observant les forums de discussion pédophiles en langue allemande
(par exemple http://www.legarcon.net/), on constate qu'il y a de nouveaux
participants presque tous les jours. Ce sont quasi-exclusivement des adolescents
ou de jeunes adultes pédophiles. Naturellement, les pages avec
des images érotiques sont les plus visitées, ce en quoi
les pédophiles ne se distinguent pas des "normaux". Un
tel site atteint rapidement et aisément les 500000 visiteurs.
En observant ce qui se passe sur le Web, on prend lentement conscience
de l'ampleur du problème que représente l'attirance sexuelle
qu'ont les adultes pour les enfants, et de facto des possibles abus. Il
semble évident que les problèmes qui peuvent en découler
ne seront pas résolus par des textes plus répressifs.
Des peines plus lourdes pousseront les auteurs et leurs actes vers une
clandestinité accrue, ce qui encouragera des agressions incontrôlables
qui pourraient devenir des perversions. On fait croire au grand public
qu'il faut agir de la sorte pour lutter efficacement contre l'abus sexuel
sur enfants et que de vraies mesures (comme je vais maintenant en proposer)
ne sont donc pas nécessaires.
Croire que des mesures pénales sont efficaces contre les pulsions
sexuelles d'un pédophile '"sain" est une aberration.
La pulsion sexuelle est une pulsion si forte et primaire qu'elle ne peut
en aucun cas être soumise par des interdictions. L'effet serait
à peu près identique si une loi interdisait de manger à
un groupe d'hommes. Pendant des siècles l'église catholique
a menacé les onanistes des plus horribles et inimaginables tourments
de l'enfer (par définition plus terrible que la prison), ce qui
n'a pas empêché les jeunes catholiques sains de corps et
d'esprit de se masturber. Il faut garder à l'esprit que la plupart
des pédophiles ne sont pas du tout attirés par d'autres
adultes, que cette situation ne peut pas changer et résiste à
toute thérapie.
Prévention
par le renforcement du droit à l'exercice du libre arbitre chez
enfants et adolescents
Le plus important est sans aucun doute de renforcer la capacité
des adolescents et pré-adolescents à excercer leur libre-arbitre,
surtout pour ce qui touche à leur corps et leur vie sentimentale.
Ce renforcement est la source essentielle de toute prévention.
Les enfants doivent savoir qu'ils peuvent dire non à un adulte,
mais (je provoque bien sûr) ils doivent aussi savoir qu'ils peuvent
dire oui. Si les parents font ce choix à sa place, il n'est pas
possible que l'enfant apprenne à excercer son libre-arbitre! Beaucoup
se voilent la face mais c'est la réalité: certains enfants,
mais aussi et surtout des adolescents désirent avoir des relations
sexuelles avec des adultes, et cela nous le savons grâce à
l'analyse minutieuse de sondages et observations réalisés
à ce sujet. Nier cela fait croire aux adultes que les enfants n'apréhendent
pas leurs sentiments de manière consciente! Un enfant doit apprendre
à savoir s'il a une relation à caractère sexuel pour
son plaisir propre et conscient, ou si cette relation est une contrepartie
de l'amour qu'il reçoit (ou des cadeaux).
Même si ce chapitre est le plus important, il est le plus court,
en effet il existe une large littérature traitant de l'éducation
des enfants à l'exercice de leur libre-arbitre. Il faudrait seulement
que les théories existantes soient appliquées de façon
conséquente, et que la question de l'exercice du libre-arbitre
dans le domaine sexuel ne soit pas évincée.
Prévention
par le renforcement de la conscience de responsabilité chez le
pédophile
Une
seconde source de prévention consisterait à renforcer chez
le pédophile la notion de responsabilité ainsi que ses capacités
relationnelles. Les consultations psychologiques et les thérapies
sont particulièrement adaptées à cela, mais ils peuvent
aussi participer à des groupes de discussion (supervisés
de préférence par un non-pédophile) dans lesquelles
il pourrait faire partager son expérience personnelle (à
l'étranger, les premières expériences positives ont
été réalisées, nous espérons qu'un
tel projet verra bientôt le jour en Suisse).Une autre forme de prévention
serait que des spécialistes (ayant une expérience de travail
avec de "véritables" pédophiles) chatent sur un
des forums de discussion évoqués précédemment.
Quand je pense à la thérapie préventive, je pense
à un groupe de pédophiles auxquels elle s'adresse en priorité:
ce sont les milliers de pédophiles qui de part leur jeunesse et
leur discrétion n'ont que très rarement eu affaire à
la justice et passent donc inaperçus. D'après mon expérience
personnelle (et ceci est confirmé par l'analyse des profils des
chateurs sur le Net), ils ont entre 17 et 30 ans, et viennet d'horizons
divers; néanmoins ils sont souvent collégiens (CH; Lycéens
FR), étudiants, éducateurs de jeunes ou éducateurs
sportifs. Je pense aussi particulièrement aux très jeunes
(ils ont parfois 15 ans) qui se découvrent ce penchant, et découvrent
en même temps qu'ils sont abandonnés parce qu'ils font partie
(selon eux à cause d'un caprice de la nature) du groupe humain
le plus méprisé de tous.
Prévention
par thérapies et consultations
NB:
il n'est pas possible de faire disparaître un penchant pédophile
par la thérapie, ce penchant étant ancré trop profondément
dans l'être. Je pense que proposer une thérapie ayant un
tel objectif est signe d'un grave amateurisme. Dans l'émission
'Arena' de TV DRS du 08.05.98, Frank Urbaniok déclara: "La
guérison des pédophiles véritables est impossible,
mais nous pouvons cependant les guider vers une vie qu'ils contrôlent
à l'aide de la notion de responsabilité".
De la même façon, les thérapies ayant pour objectif
l'abstinence sexuelle ne sont pas des stratégies préventives
adaptées, car la plupart des pédophiles refusent cette exigence.
Comme la majorité des pédophiles n'éprouve aucune
attirance sexuelle pour les adultes, il s'agirait non seulement de renoncer
à la sexualité mais aussi de renoncer à toute relation
amoureuse, et donc à une vie épanouie. Imaginez-vous privé
de tendresse pendant une longue période et vous comprendrez que
c'est une entreprise impossible. Il ne faut pas confondre sentiment de
vide et une inéluctable chute dans la dépression: la maladie
ne peut pas être l'objectif d'une thérapie! Il me paraît
monstrueux de vouloir imposer cela à un être humain. La situation
est complètement différente si c'est le patient lui-même
qui prend cette décision par rapport à une thérapie
suivie ou à une expérience personnelle. Mais ce type de
réaction est extrêmement rare.
Certains thérapeutes (en particulier ceux qui travaillent en milieu
pénitentiaire) utilisent les sentiments très forts que les
pédophiles ont pour les enfants comme moyen de pression pour leur
imposer l'abstinence. Ils essaient de les pousser à dire: "Dans
le futur, si j'avais le moindre doute que je puisse faire du mal à
un enfant, je devrais m'abstenir d'avoir une relation sexuelle avec lui".
Je crains qu'une telle vision des choses ne tienne pas à long terme;
s'il fallait renoncer à tout ce qui peut faire souffrir un enfant
indépendamment de notre volonté, il n'y aurait plus d'enseignants
et aucun permis de conduire ne serait plus délivré. Je pense
aussi aux thérapies de groupe que j'ai observées et au cours
desquelles la plupart des torts sont imputés aux parents: en suivant
le même raisonnement, aucun couple n'aurait plus le droit d'élever
des enfants!
Nous savons que l'on ne peut pas empêcher les relations sexuelles
entre adultes et enfants, et qu'elles ont lieu en très grand nombre.
Il faut donc se rendre à l'évidence:les mesures les plus
efficaces sont celles visant à minimiser les dommages causés
à l'enfant. Le principe le plus sévère, qui dit que
la prévention doit avoir pour but d'empêcher les relations
entre adultes et enfants, semble de prime abord être une belle idée,
comme toutes les solutions de facilité. Mais elle ne tient pas
compte de la réalité humaine. Ce principe n'a pour résultat
que d'augmenter un peu plus chaque année le nombre d'arrestations
et de suicides de pédophiles. Comme je l'ai déjà
écrit, au vu de l'ampleur du phénomène et des milliers
de cas de liaisons pédophiles rien que dans notre pays, une telle
stratégie est insensée!
Une autre conséquence de ce genre d'attitude fait qu'un très
grand nombre de pédophiles cachent leur mode de vie, et que les
enfants n'osent pas parler à leurs parents de ce qui leur arrive,
parce qu'ils ne veulent pas envoyer leur ami plus âgé en
prison. Ils n'arrivent pas non plus à faire le lien entre l'image
"d'infâme violeur d'enfants", relayée par les adultes
et les médias, et leur propre expérience.
Je pense que la meilleure stratégie serait de travailler à
l'amélioration des relations pour le bien de l'enfant, cest-à-dire
que la relation avec l'adulte lui soit le moins préjudiciable possible
voire pas du tout. (Cette stratégie n'est pas du tout utopique
au vu du résultat des études réalisées par
Rind, Tromovitch et Bauserman (voir
sous ou encore Michael Baurmann)
On appelle cela 'limitation des dégâts'. Comme pour la lutte
contre la drogue, il faut avoir conscience que la politique du 'tout ou
rien' ne sera aucunement bénéfique aux enfants qui vivent
une relation paisible avec un pédophile.
Concrètement,
cela signifie:
- proposer aux pédophiles des consultations spécialisées.
- 'accompagner' les milliers de relations entre enfants et adultes en
prenant des mesures d'ordre thérapeutique et psycho-social que
je vais décrire dans le chapitre suivant.
Mais cela signifie aussi qu'il faut:
- moins dramatiser
- faire des distinctions: y a-t-il consentement mutuel? La relation est-elle
la conséquence d'une dépendance, d'une violence, d'une pression?
Force-t-on les acteurs de cette relation, sont-ils tendres, agressifs?
-réussir à rétablir un climat de confiance: c'est
le seul moyen pour que le système des consultations puisse être
utilisé à grande échelle.
Quels
résultats peut-on obtenir par la thérapie, ou par la prise
de mesures psycho-sociales?
Les
principes de base d'une thérapie pour pédophiles ne se distinguent
pas de ceux des autres thérapies. Empathie et franchise sont ici
aussi les fondements d'un processus efficace. La compréhension
et l'acceptation de la personnalité du pédophile est le
noyau dur du développement de leurs possibilités (pas uniquement
sexuelles).
Comme on le fait dans d'autres thérapies, ne faut pas se focaliser
uniquement sur la problématique principale (ici la sexualité)
mais plutôt élargir les perspectives en abordant d'autres
aspects de sa vie, comme par exemple ses relations avec sa famille et
avec d'autres adultes. A cause du climat actuel le pédophile ose
encore moins qu'avant faire confiance et se confier, même à
ses amis les plus intimes. Comme il ne peut jamais parler de sa situation,
ces relations d'amitié se dégradent la plupart du temps.
Ainsi isolé, il va être obnubilé par son désir
d'avoir une relation avec un enfant. Plus les pédophiles sont malades,
plus ils peuvent faire de mal aux enfants. Dans des cas extrêmes,
l'isolement et le refoulement peuvent mener à la perversion, et
la réalisation de ces perversions nuira terriblement à l'enfant.
La position de la société face au problème de la
pédophilie empêche souvent le pédophile d'avoir pleinement
conscience de tous ses manques et faiblesses. Il a donc parfois tendance
à imputer ses problèmes (par exemple ses difficultés
relationnelles, ses complexes, sa dépendance parentale) à
la société qui le bannit. Au cours d'une thérapie,
il arrive régulièrement que le patient commence à
se confier à certains de ses amis adultes. Cette initiative risquée
constitue cependant un grand pas dans le processus de guérison.
Une autre étape importante pourrait être sa participation
à une thérapie de groupe (si possible supervisée
par un non-pédophile) ou même à un forum de discussion
sur Internet. Néanmoins, il ne doit pas participer exclusivement
à ce genre de réunions mais diversifier ses activités,
car il existe un risque de ghettoïsation.
Ma façon d'aborder la thérapie m'interdit de fixer un objectif
précis (par exemple le respect de la majorité sexuelle ou
encore l'abstinence), sauf si c'est le patient lui-même qui se fixe
cet objectif. C'est le patient et lui seul qui peut trouver des solutions
à ses problèmes. Le thérapeute doit remettre en cause
son système de refoulement en utilisant des techniques appropriées
et en lui posant des questions critiques.
Il est très important que le thérapeute lui explique ce
qu'il se passe pour l'enfant, car les pédophiles ont tendance à
idéaliser leur relation avec les enfants et les adolescents. C'est
en particulier le cas des jeunes pédophiles qui confondent souvent
sentiment d'affection avec ce qui est leur désir de tendresse et
de sexualité. Comme d'autres amoureux, il confond ses propres sentiments
avec ceux de l'enfant. Ici le thérapeute peut l'aider à
faire la part des choses, remettre un peu d'ordre dans le chaos.
Il est judicieux de le rendre conscient de son désir de domination
(pour utiliser un terme fort). Si le thérapeute a établi
une relation de confiance avec le patient, il est souvent le premier à
être dans la confidence quand l'adolescent que le pédophile
fréquente commence à vouloir prendre ses distances avec
lui. Par peur de le perdre, le pédophile va parfois user d'un odieux
moyen de pression: il fait naître un sentiment de culpabilité
chez l'adolescent. Montrer au pédophile quels sont les moyens de
domination qu'il utilise (dans son désespoir!) est également
le travail du thérapeute. C'est la phase pendant laquelle le pédophile
peut faire le plus de mal (qu'il y ait eu relation sexuelle ou non!).
Je suis d'ailleurs surpris que des associations influencées par
des courants féministes insistent toujours sur les dégâts
causés par la relation sexuelle (malheureusement l'idéologie
de ces groupes est empreinte du puritanisme
bigot américain, c'est de là que toute la campagne sur
les abus tire ses racines). Le
cas de Raoul Wüthrich en est un exemple flagrant.
L'idéal serait évidemment de pouvoir intégrer au
dialogue thérapeutique les parents de l'adolescent qui vit une
relation pédophile. Ainsi les parents pourraient accompagner la
relation, rester vigilants et intervenir si nécessaire.
Dans le climat actuel, cela n'est malheureusement pas possible. J'espère
que la situation changera à nouveau, car une telle stratégie
ferait partie des mesures de prévention, en gardant toujours à
l'esprit que je ne parle pas de cas d'inceste et de violence. Qu'est-ce-qui
semble le plus bénéfique pour l'enfant: instaurer le dialogue
ou supporter les incursions policières et les gros titres dans
la presse?
Voyons maintenant le contexte juridico-légal. Il faut évoquer
le dilemne qu'a le consultant par rapport à son patient. Le thérapeute
ne doit pas exécuter de résolutions sociales et morales,
et ceci à fortiori quand on sait que le contact sexuel entre adultes
et mineurs est considéré différement selon les cultures,
sans qu'il soit démontré pour autant que la jeunesse ait
plus de problèmes. Néanmoins, le thérapeute ne peut
soutenir aucune transgression de la loi. L'important ici est d'amener
le pédophile à décider consciemment de son comportement,
et que cette décision mette au premier plan le bien-être
de l'enfant et de l'adolescent.
Les personnes qui ont vraiment pour objectif de minimiser les souffrances
des enfants (et aussi des pédophiles) sont dans une situation similaire
à celle qu'ont connue les pionniers de la prévention contre
la drogue. Ils doivent prendre des risques pour exposer de nouveaux concepts.
La politique menée jusqu'à présent est un fiasco
total parce qu'elle s'appuie sur des principes idéologiques plutôt
que sur une analyse pragmatique de la situation; changer cela est donc
une nécessité incontournable pour faire de vrais progrès.
(Remanié en Octobre 2000)
Aktuell auf ITP
- 23.04.2009
- 25.03.2009
Für Sex zu jung! 17-Jähriger liebte 12-Jährige: 3 Monate bedingte Haft
- 25.03.2009
Teenager töten vermeintlichen Kinderschänder – hohe Haftstrafen
- 25.03.2009
Die Telekom will Kinderporno-Seiten nicht sperren
- 25.03.2009
Verdächtigung führte zu U-Haft und Hausdurchsuchung.
Neuste Beiträge auf ITP