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des
professeurs Dr. Bruce Rind, Université de Temple (Etats-Unis)
et Dr. Robert Bausermann, Univeristé de Syracuse (Etats-Unis)
Les
conclusions de Constantine, 1981
L'étude de Baker et Duncan, 1985
L'étude de Rind et Bauserman, 1997
L'étude méta-analytique de Rind, Tromovitch et Bauserman,
1998
Cette étude
se base sur l'exploitation de 9 études universitaires (7 américaines,
1 australienne, 1 portoricaine). Lors de sa publication en 1997, elle
constituait l'un des ouvrages les plus complets et exhaustifs sur le thème
de la pédophilie.
Elle a été publiée en 1997 dans "Pädophilie
ohne Grenzen- Theorie, Forschung, Praxis" ("Pédophilie
sans frontières- Théorie, recherche, pratique"), Ed.
Dr Frits Bernard, pp.213-234, ISBN 3 9222 57836.
L'étude
confirme ce que d'autres chercheurs avaient déjà découvert
avant: les relations sexuelles entre adultes et enfants ne sont pas préjudiciables
de manière générale. Elles ont au contraire des impacts
très différents selon les individus et dépendent
de facteurs tels que (cf. Constantine, 1981):
a) le degré avec lequel l'enfant prend volontairement part à
la relation
b) ses connaissances préalables en matière de sexualité
c) sa capacité à supporter ou non les jugements de valeur
véhiculés par la perception de la sexualité dans
le monde occidental contemporain
Les conséquences de telles relations sont très graves lorsque:
a) l'enfant participe passivement, c'est-à-dire qu'il n'agit pas
sous la contrainte mais qu'il n'a pas exprimé de désir
b) il ne sait rien sur la sexualité
c) l'enfant assimile les jugements de valeurs négatifs portant
sur le sexe
Les effets sont en général neutres ou positifs lorsque:
a) l'enfant prend volontairement part à la relation
b) il est informé sur la sexualité
c) il n'a pas assimilé les préjugés concernant le
sexe
Constantine a obtenu ces résultats en comparant des cas cliniques
et soumis à la justice à d'autres ne l'étant pas.
La variété des réactions est facile à comprendre:
Qui n'a pas de problèmes et s'épanouit normalement n'a pas
à suivre une psychothérapie. On comprend donc mieux le fait
que les psychothérapeutes déclarent la plupart du temps
n'avoir jamais observé de cas d'abus sur enfant qui n'aient pas
causé de préjudice.
Un enfant
qui se retrouve confronté à la justice, et subi de ce fait
un douloureux interrogatoire et ressent le dégoût des enquêteurs,
gardera difficilement un bon souvenir de ses relations sexuelles (cf.
Auch das gehörte
ins Opferschutzgesetz ["cela aussi devrait faire partie de la
législation concernant la protection des victimes"] ).
Dans l'étude
de 1985, Baker et Duncan constatent que les résultats qui
s'appuient uniquement sur l'analyse de cas ayant eu recours à la
justice et au milieu médical sont aussi peu représentatifs
que ceux qui s'appuient uniquement sur des cas de consentement mutuel
et n'ont donc pas été répertoriés. Ils ont
interrogé un échantillon représentatif de personnes
de 15 ans et plus.
Il en ressort que:
Des sondés de sexe masculin ayant eu des contacts sexuels avec
des adultes avant leur 16ième anniversaire,
4% déclarent souffrir de préjudices à long terme
33% déclarent avoir souffert temporairement
57% n'ont souffert d'aucune sequelle
6% considèrent que grâce à cette relation leur qualité
de vie s'est améliorée
Quant aux sondés de sexe féminin,
13% déclarent souffrir de préjudices à long terme
51% déclarent avoir souffert temporairement
34% n'ont souffert d'aucune sequelle
2% considèrent que grâce à cette relation leur qualité
de vie s'est améliorée
Déduction importante: Les garçons et les filles réagissent
de manière différente à une expérience sexuelle
précoce.
Néanmoins la méthode utilisée pour mener cette étude
est contestable:
1. Tous les sondeurs étaient de sexe féminin, ce qui a pu
influencer les réponses des sondés de sexe masculin.
2. Le sondage n'était pas anonyme, ce qui a pu favoriser des réponses
consensuelles.
3. Les personnes sondées ont toutes reçu le même document
qui stipulait qu'elles étaient victimes d'un abus sexuel dès
lors qu'agées de moins de 16 ans elles ont eu des pratiques sexuelles
avec une personne sexuellement mûre. Lorsque les sondés reconnaissaient
avoir vécu de telles expériences, on leur posait des questions
sur celui qui les avait "abusé" et on leur demandait
quel était leur âge lors du premier "abus".
Il est probable
que la formulation négative du questionnaire ait rendu les sondés
peu enclins à parler d'expériences positives, influencés
qu'ils étaient par les questions partisanes; c'est-à-dire
que les réponses étaient induites par la formulation négative
du questionnaire.
L'étude de Rind et Bauserman
Elle
s'appuie (cf. plus haut) sur 8 études universitaires américaines
(dont 1 portoricaine) et 1 étude australienne: Goldman et Goldman
1988/ O'Neil 1990/ Finkelhor1979/ Landis 1956/ Schultz et Jones 1983/
Fischer 1991/ Haugaard et Emery 1989/ Fritz, Stoll et Wagner 1981/ Sarbo
1989.
Les avantages de ces études sont, selon eux:
1. Tout du moins en ce qui concerne les Etats-Unis, la majorité
de la population fréquente l'université un jour ou l'autre.
2.Dans l'ensemble, les études ont été menées
de façon anonyme.
3. Des termes neutres ont été employés dans la formulation
des questions.
Conclusions
Réactions à court terme:
Garçons:
Seule une minorité a réagi de façon négative,
c'est-à-dire 33%.
67% d'entre eux ont réagi de façon neutre ou positive.
Filles: Une majorité a réagi de façon négative,
c'est-à-dire 69%.
31% seulement ont réagi de façon neutre ou positive.
Déduction
importante:
Les deux tiers des hommes n'ont pas réagi négativement,
alors que les deux tiers des femmes ont réagi négativement.
Par conséquent on ne peut pas affirmer que l'expérience
des filles et des garçons est la même.
Réaction
à long terme:
Fischer 1991 28% des hommes sont enchantés de leur
expérience, mais seulement 5% des femmes.
Haugaard et 33% des hommes estiment que leur expérience
a été très positive, O'Neil 1990 mais seulement 4%
des femmes.
Emery 1989 56% des hommes voient leurs expériences précoces
de façon neutre ou positive mais seulement 31% des femmes.
Schultz et 91% des hommes considèrent leur expérience
de façon neutre ou Jones 1983 positive, mais seulement 53% des
femmes.
Finkelhor 1979 La réaction masculine typique est neutre,
Goldman et la réaction féminine typique est négative.
et Goldman 1988
Une
conclusion supplémentaire relative à la notion de contrainte:
L'existence ou l'absence de contrainte, ainsi que l'estimation personnelle
du degré avec lequel le sondé a pris part à la relation
sexuelle de sa propre volonté, a eu une influence générale
sur les résultats. Dans les cas ou il y a eu violence physique
ou menaces, les réactions étaient plus négatives.
Dans l'ensemble, les garçons ont pris part à la relation
de façon plus volontaire que les filles; Goldman et Goldman (1988)
rapportent que seuls 14% des hommes mais 58% des femmes avouèrent
avoir été forcés: ceci contribue à expliquer
le fait que les garçons assimilent leur expérience plus
facilement que les filles.
Une conclusion
supplémentaire relative à la notion d'inceste:
Les contacts sexuels avec des membres de la famille étaient, dans
l'ensemble, considérés plus négativement.
Conclusions
supplémentaires relatives à la grande différence
de réaction entre les filles et les garçons:
| Hommes Les hommes voient ces relations plutôt comme une initiation sexuelle. Les hommes ont tendance à considérer leur expérience sexuelle comme une aventure ou la satisfaction de leur curiosité. |
Femmes Les femmes voient ces relations plutôt comme un abus sexuel. Les femmes voient les expériences sexuelles comme une incursion violente dans leur corps ou une violation de la Morale. |
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